Logiciels ERP de gestion professionnelle
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Que l’on parle de faire du pain, de s’autodiagnostiquer médicalement, de construire un bâtiment ou même de savoir si nous allons bien aujourd’hui, la réponse populaire est devenue : « As-tu demandé à l’IA »
Cette introduction, un brin sarcastique, ne vise pas à dénigrer ou à négliger l’ampleur du phénomène, de la tendance technologique lourde avec tous les impacts sociétaux dont on ne peut même pas encore évaluer l’ampleur.
L’objectif de ce billet est de proposer un éclairage sur les leviers, mais aussi les dangers que peut représenter l’IA dans le cadre d’une éventuelle exploitation dans une entreprise.
Mais débutons comme on dit par le début, plaçons la technologie dans sa perspective élargie.
Pris sous l’angle de son application, il n’existe pas une seule forme d’IA, comme il n’existe pas un seul domaine de connaissances ou de type de problématique à résoudre en science.
Pour une présentation simplifiée, l’IA est un moteur, un modèle d’analyse, qui est la résultante de l’intégration de trois composantes qu’on appelle des « règles d’analyse » (« Context »), des règles exploitées sur un ensemble de données (« Content ») pour répondre aux questionnements d’un utilisateur (« User ») via une interface d’interrogation.
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Ce moteur d’analyse est dirigé par un ensemble de règles mathématiques reproduisant ou appliquant une logique qu’on associe à une forme d’intelligence humaine, mais qui demeure sous la forme brute de « 0 » et de « 1 ». Deux écoles de pensée technique se confrontent fréquemment, l’approche logiciste et l’approche neuronale, mais l’objectif demeure toujours le même : répondre le mieux possible à une question comme le ferait un être humain.
Il peut s’agir de modèles IA spécialisés en reconnaissance et analyse d’images médicales, d’agents conversationnels, de création artistique, etc., et de là vous comprendrez que les algorithmes et les règles mathématiques du moteur peuvent largement différer.
Par exemple, dans le cas des agents conversationnels les plus connus comme « ChatGPT (OpenAI) », « Gemini (Google) » ou « Copilot (Microsoft), il est connu que leur moteur d’analyse s’appuie fortement sur une logique de probabilité du « meilleur prochain mot » à ajouter à la séquence de la réponse à votre requête.
Dans certains cas, et surtout pour l’avenir qui s’annonce, des modèles IA présentent des caractéristiques d’amélioration continue, soit de leurs données de référence ou de leurs règles d’analyse, par un procédé d’apprentissage et de rétroaction (« Deep learning ») continuel. La clé d’un véritable embryon d’intelligence puisqu’il s’agit du processus par lequel la machine est en mesure de s’améliorer continuellement, en apparence, par elle-même.
Nous attirons votre attention sur notre mention « s’améliorer continuellement, en apparence, par elle-même ». Et même plus précisément sur la mention « en apparence ».
Car ce que nous souhaitons exposer ici, c’est parce que nous, l’être humain, avons nourri et continuons de nourrir la bête quelle est de moins en moins… bête! Constat qu’on peut faire pour le moment à l’étape où nous en sommes avec les technologies d’intelligence artificielle, car éventuellement elles pourront fort probablement générer leur propre nouvelles connaissances. Il y a déjà des exemples.
Ce constat est important pour la suite de l’article puisqu’il fait référence aux enjeux de publication involontaire d’informations sensibles de votre entreprise dans le domaine public. On y revient en fin d’article.
À cette étape, notez simplement, par exemple, que l’intelligence des agents conversationnels IA est uniquement et directement liée à l’intelligence de tous ses utilisateurs, aux créateurs de données de référence, donc de façon de « penser ».
Vous posez une question farfelue ou dans une syntaxe extrêmement mauvaise, alors ne vous surprenez pas d’obtenir une réponse farfelue ou complètement en dehors de votre sujet d’intérêt.
Comme pour bien des choses, l’IA présentera deux côtés à sa médaille. Des leviers potentiels extrêmement positifs :
De l’autre côté de la médaille, il y aura toujours des profiteurs et des esprits mal intentionnés qui profiteront des impressionnantes capacités de l’IA pour exploiter les failles de la société, des affaires et de l’être humain à tous les niveaux.
Le plus inquiétant dans le viseur, c’est la possible dégradation progressive de l’esprit critique de l’être humain, soit de sa faculté de penser par soi-même et, de facto, la fin de la suprématie de l’être humain sur la faculté du bien pensé. La définition d’un cadre éthique sur le développement de ce type de technologies devient donc rapidement essentielle.
Avec toute la médiatisation du phénomène, il est logique de voir dans l’IA un aspect d’exceptionnelle innovation et de nouveauté.
Toutefois, les balbutiements commerciaux de l’IA remontent au début des années 1990, en soulignant au passage l’impact médiatique de la fameuse défaite du champion d’échec Garry Kasparov face à l’ordinateur « Deep Blue » d’IBM en 1997.

Le champ d’expertise lui a été officiellement nommé dans les années 1950, le terme cristallisé par le chercheur « John McCarthy » à la conférence de Dartmouth, et le fameux mathématicien « Alan Turing » avait identifié le domaine dans les années 1940. Pour la petite tumultueuse de l’IA, soulignons que des projets de recherche mondiaux sur le sujet ont même été abandonnés à deux reprises dans les années ’70 et ’80.
Sans s’égarer dans les nuances techniques, on peut dire que le moteur de recherche Google est à l’aube de l’IA démocratisé d’aujourd’hui. On note d’ailleurs la rapide intégration de Google de son moteur IA « Gemini » dans son moteur de recherche bien connu puisque c’est lui qui fournit désormais les premières réponses à nos recherches Google.
Bref, les concepts et principes autour de l’Intelligence Artificielle ne sont donc pas nouveaux. Ce qui est nouveau, c’est un phénomène de démocratisation accélérée d’une potentialité technologique:
« Un amalgame intriqué de technologies qui se croisent à une intersection au bon moment, qui se combinent à des capacités et puissances techniques accrues qui dépassent un seuil, un « trigger » technique logiciel et machine, pour créer un phénomène technologique disruptif susceptible de redéfinir, oui effectivement, la façon de penser et donc de vivre. »
Cela dit, la question face à cette nouvelle technologie disruptive:
Est-ce que toutes nos connaissances et notre savoir-faire accumulé en entreprise ne sont plus valides? Est-ce que cette accumulation de savoir corporatif ne représente plus une base solide sur laquelle appuyer nos réflexions de gestion?
Poser la question, c’est évidemment y répondre :
Non, l’IA présente d’exceptionnelles possibilités, mais l’IA doit être perçu comme un outil d’évolution pour votre entreprise et non comme un déclencheur de redéfinition complète de votre « ADN » corporative.
Depuis que l’homme exerce sa créativité et s’invente de nouveaux outils, sa motivation est propulsée par une volonté de faire plus rapidement et mieux avec moins de ressource, temps et/ou énergie, donc moins d’efforts :
« L’invention de la roue, l’invention de l’écriture, l’invention de l’imprimerie, l’invention de la machine à vapeur, l’invention de l’électricité, la radio, le télégraphe et le téléphone, l’invention de l’automobile, des avions, l’invention de l’informatique et d’internet, etc. »
Steeve Jobs, fondateur de la compagnie « Apple », n’aura jamais aussi bien dit quand il parlait de son projet d’ordinateur personnel qu’il qualifiait de « Une bicyclette pour l’esprit », un outil pour que la pensée humaine aille plus loin et plus vite.
Par conséquent, simplement sur la base que toute entreprise dynamique cherche activement à croître plus rapidement et de la façon la plus optimale possible, soit en optimisant sa rentabilité, il ne s’agit donc pas de se demander « Pourquoi l’IA? », mais bien plutôt « Comment? » et « Quand? » vous allez exploiter l’IA dans votre entreprise.
Voici trois axes d’intégration possible de l’IA dans votre entreprise :
Dans un premier axe de travail, pensez l’IA comme un levier de bonification de différents aspects opérationnels, par exemple :
Au centre de tous ces leviers, penser donc à la notion « Automatisation de processus », soit l’accélération de processus courants pour gagner en productivité et qualité.
Dans un deuxième axe de travail, l’IA peut être un allié efficace pour accélérer les analyses de gestion et d’affaires. Par exemple :
Au centre de ce type d’utilisation de l’IA, pensez à la notion d’outil « d’Aide à la décision », à l’IA comme plateforme de réflexion tactique et stratégique.
Dans un troisième axe de travail, pensez l’IA pour la découverte de nouvelles voies d’affaires pour votre entreprise. Des extensions et des ajouts à votre modèle d’entreprise sous le thème de « potentiel de diversification » de vos activités sous différentes formes possibles.
Au centre de ce type d’utilisation de l’IA, pensez à la notion « d’Idéation », l’IA comme plateforme susceptible de vous faire découvrir de nouvelles opportunités pour votre entreprise.
Pour un exemple concret du levier stratégique de cette dernière utilisation de l’IA, il est connu dans la littérature d’affaires que plusieurs grands succès d'entreprise ont été obtenus en appliquant une technologie propriétaire dans un autre secteur d’activité que leur secteur vertical d’origine. Et l’inverse est également documenté : des entreprises ont découvert un levier exceptionnel de différenciation, par rapport à sa concurrence, dans une technologie spécialisée utilisée par un autre secteur complètement différent du sien.
S’il est clair qu’on ne puisse ignorer plus l’IA, il reste en finale à établir les paramètres de son cadre d’utilisation, c’est-à-dire répondre à la question « Comment exploiter l’IA? ».
Car nous l’avons vu, oui l’IA présente non seulement des enjeux provenant de l’extérieur, des profiteurs mal intentionnés qui pourraient utiliser l’IA pour s’en prendre à vous personnellement ou votre entreprise, mais l’IA présente aussi des enjeux et des pièges de gestion internes. Mentionnons quelques exemples:
Il est donc primordial de prévoir des mécanismes minimaux d’encadrement de l’utilisation de l’IA pour s’assurer que votre exploitation de la technologie génère toujours de la valeur ajoutée et non des problèmes à votre entreprise.
Attardons-nous à la diffusion involontaire et problématique d’information soit sensible ou stratégique dans le domaine public pour apporter une nuance importante de déploiement de l’IA.
Plusieurs des solutions IA disponibles sur le marché offrent des possibilités de déploiement de leur moteur d’analyse et de recherche de manière à limiter leur utilisation uniquement à l’intérieur d’un périmètre interne, c’est-à-dire sans jamais sortir votre information corporative privée vers l’extérieur, de ne jamais diffuser publiquement votre information stratégique.
Lorsque ce type de déploiement est possible, vous profitez déjà d’une forme de protection native, de facto, pour votre utilisation courante l’IA. Tous vos utilisateurs opèrent et sont limités par un cadre de contrôle technique de base.
Ce type de déploiement devrait demeurer, bien sûr, assujetti aussi aux recommandations complémentaires de la prochaine section, mais l’encapsulation interne offre déjà une base de départ plus solide.
La réalité est que vous ne serez pas en mesure de contrôler l’ensemble des utilisations éparses que vos employés pourraient faire quotidiennement de l’IA, par exemple, à partir de leur téléphone personnel sans que vous en ayez aucune idée ou trace. C’est à ce niveau qu’un cadre corporatif d’utilisation plus formel et robuste doit être élaboré.
Ce cadre minimal devrait prendre la forme de politiques écrites sous la forme d’un guide interne, d’une norme, publiées à l’ensemble de vos employés. Dans ce guide d’utilisation de l’IA, il est recommandé d’y retrouver des réponses et indications claires sur les volets suivants :
L'ensemble des propos précédents présente l'IA dans une vision plutôt stratégique, sinon tactique, mais l'application de l'IA dans le quotidien du gestionnaire peut être également très concret et terrain.
Par exemple, dans le cadre d'un déploiement de Solution ERP, l'IA peut être un outil fort utile pour appuyer et automatiser des tâches du type suivant:
L'ensemble de ces possibilités devant toujours être abordées, à nouveau, dans la perspective que l'IA ne remplace pas l'analyse fonctionnelle ni le contrôle de qualité de vos experts internes et de votre partenaire d'affaires en IA. Ces derniers doivent demeurer au centre des validations et des confirmations finales des livrables générés par l'IA.
L’étendue du potentiel de l’IA est exceptionnelle et aussi grande que les pièges que son utilisation peut comporter. En conclusion il ne reste qu’un seul message central à vous transmettre sous forme d’une recommandation générale :
Vous êtes et demeurez le « maître à bord » de votre entreprise. Votre vision d’affaires, votre savoir-faire et vos connaissances d’entreprise demeurent la pierre angulaire de votre succès.
Pour faire un clin d’œil avec le premier billet publié à notre blogue :
L’intelligence Artificielle (IA) doit être vue et abordée uniquement comme « Un outil et non une Solution ».
Chose sûre, en utilisant l’IA judicieusement, certaines entreprises pourront donc augmenter leur vitesse de croissance et devancer leur concurrence. Et les entreprises qui n’y croiront pas, qui négligeront d’y apporter une attention minimale, devront peut-être éventuellement fermer leurs portes plus rapidement que prévu, faute de disparition de leur modèle d’affaires ou d’une concurrence plus efficace.
Bonne gestion!